Pierre Curzi (Québec)

Pierre Curzi (Québec)

Pierre Curzi, né en 1946, a débuté sa carrière dans le domaine artistique en tant qu’acteur et scénariste avant de se lancer dans le monde de la politique. Il a marqué le cinéma québécois dès le début des années 1970, où il alterne entre télévision et cinéma, avant de se retirer en 2006. On le connaîtra comme syndicaliste, puis comme homme politique québécois. Cette entrée dans le monde politique québécois provoque une certaine controverse dans les milieux culturels, en septembre 2006, lorsqu’il annonce sa retraite de la scène « et sa démission à titre de président de l’Union des artistes afin d’aller défendre la cause souverainiste sur la scène politique. »

Sous la bannière du parti québécois, il est élu député dans la circonscription de Borduras, le 26 mars 2007 où il agit comme critique péquiste dans les « dossiers de la Culture et des communications et de l’Immigration et des communautés culturelles. » Il a été réélu en 2008, avant de claquer la porte du Parti québécois le 6 juin 2011 et renonce toujours à un éventuel retour au sein du parti voir même à tout retour politique. Il n’en demeure pas moins que selon les médias, Pierre Curzi figure parmi les politiciens favoris des Québécois. Selon l’un des derniers sondages de Léger Marketing, 5 personnes sur 10 du baromètre des personnalités politiques sont passées par la télévision avant d’apparaître sur la scène politique.

Dans une situation où lors des dernières élections de 2008, le taux de participation de la population québécoise n’était que de 53,7 % : Pensez-vous que la popularité dont jouissent les artistes, tel est le cas-ci de Monsieur Curzi peut aider à redresser la désaffection électorale ?

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La fondation One drop, de Guy Laliberté

La fondation One Drop

Le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté a eu l’initiative, le 29 octobre 2007 de mettre sur pied à Montréal une organisation non gouvernementale (ONG), One Drop. L’objectif principal est de s’investir dans la sensibilisation des personnes et des communautés aux enjeux de l’eau dans le but de les convaincre de se mobiliser en faveur de l’accès universel à l’eau et de les inciter à adopter de saines habitudes de gestion de cette précieuse ressource au profit des générations futures. Pour ce faire, la fondation lance des activités inspirées d’une approche d’éducation populaire distincte qu’elle a mise au point et qui fait appel aux arts sociaux.

« Nous buvons tous à la même source. Le voyage de l’eau nous unit en tant qu’êtres humains et citoyens de cette planète. Et pourtant, même si cette précieuse ressource coule abondamment dans certaines parties du monde, dans d’autres régions, l’eau – ou le manque d’accès à l’eau – est une source de pauvreté et de maladies. “Chaque année, plus de trois millions d’enfants meurent de maladies causées par l’eau contaminée. N’est-ce pas là une raison suffisante pour agir ?” Guy Laliberté

L’ONG veut donc répondre à cet appel à l’action. One Drop Canada, qui fait office de siège social international, effectue des collectes de fonds, essentielle à la concrétisation de son rêve d’accès à l’eau pour tous, aujourd’hui et demain. C’est dans cette optique que les partenaires fondateurs de One Drop dont joint leurs forces à l’organisation afin de la soutenir dans la poursuite de cet objectif.

Le communautaire réinventé

Le but de One drop demeure d’être un acteur de changement et une source d’influence à sa cause. Guy Laliberté désire réinventer le communautaire par le biais de sa fondation. Le fondateur du Cirque du Soleil préfère réunir les montants d’argent qu’il avait coutume de distribuer à divers organismes communautaires afin de réaliser un projet plus gros, plus solide. Ce dernier juge que le commautaire doit se réformer. Cette nouvelle orientation comporte des avantages comme des inconvénients. On juge que les grandes fondations seront mieux servies et ce, tant financièrement, que politiquement. Ceci risque de nuire aux causes orphelines qui, ne trouvant pas preneurs, risquent d’être sous-financées et de disparaître.

Une source d’inspiration artistique

En voulant être une source d’influence et un acteur de changement dans le monde, One drop fait appel à la créativité des artistes pour ainsi concrétiser l’importance de l’eau.
“Une œuvre peut stimuler l’imagination, suggérer des solutions novatrices et rapprocher les gens autour d’une question.” L’audace et la créativité sont les moteurs qui font naître des projets qui inspirent le changement et les solutions novatrices, des idées qui vont au-delà du court terme afin de favoriser la réussite à long terme. Les principes directeurs de la fondation One drop se basent sur une volonté d’assurer la pérennité de ses interventions en utilisant les arts et la culture dans le cadre de ses initiatives.

Comprendre la crise de l’eau

Il y a deux cycles de l’eau sur notre planète. Le premier est celui de l’eau qui forme les nuages, qui donnent la pluie, qui retourne à l’océan et ainsi de suite. Le second est celui qui est de notre ressort, celui des collectivités dépourvues d’accès à l’eau. Alors que l’eau est considérée telle qu’un droit fondamental, près d’un milliard de personnes sont privées d’accès à l’eau potable, et 2,5 milliards, d’un assainissement convenable. En ce sens, One drop appuie les organismes et les partenaires locaux qui travaillent main dans la main pour offrir des fonds, des technologies et des connaissances aux collectivités dépourvues d’accès à l’eau.
L’eau contaminée ou de mauvaise qualité est la deuxième cause de mortalité infantile dans le monde, ce qui représente près de 2 millions de morts tous les ans. Dans les pays en développement, 80 % des maladies sont reliées au manque d’eau potable.
La surconsommation représente une autre problématique. Notre soif d’eau augmente constamment alors que la quantité d’eau disponible demeure la même. Au cours du XXe siècle, la population mondiale a triplé, mais la consommation d’eau a été multipliée par sept. Cette pression assèche les rivières avant qu’elles atteignent la mer et vident les nappes d’eau souterraines.
À cela s’ajoute le fléau de la pollution qui affecte autant les pays développés que les pays en développement. La pollution de l’eau menace les écosystèmes et l’accès à l’eau des populations actuelles et à venir. Partout dans le monde, la qualité de l’eau se dégrade, non seulement pour la consommation humaine, mais également pour l’agriculture et l’industrie. Elle est parfois à l’origine de maladies et de divers ennuis de santé, voire de la mort.
Solution

La solidarité mondiale est notre meilleure arme contre l’accaparement de cette ressource inestimable. La créativité de One drop est infinie, contrairement à nos ressources en eau. Pour envisager des solutions audacieuses et inspirantes aux problèmes complexes associés à l’eau, il faut que tous les pays mettent en commun leurs meilleurs atouts, qu’il s’agisse de connaissances, de richesses, d’expérience, de matériel, de technologies, de rêves ou d’êtres humains ? Il y a de l’eau partout ; elle est essentielle à toute forme de vie. C’est de la prospérité, voire de l’avenir de l’espèce humaine, dont il est question.

Pistes de réflexion…

La popularité de cette ONG est influencée par l’image du Cirque du Soleil et la notoriété que cette organisation a su acquérir sur la scène internationale. On peut se questionner à savoir si cette même cause aurait autant de portée sans l’appui de Guy Laliberté.

La créativité peut-elle réellement jouer un rôle favorable dans la sensibilisation et la mobilisation pour la protection de l’eau ?

Les compétences du Cirque du Soleil sont-elles transférables à une cause de nature humanitaire et à la promotion d’une solidarité internationale ?

Le fondateur de One drop, Guy Laliberté, favorise la création d’un projet plus gros, plus solide tel que l’organisation qu’il a créée. Devons-nous nous inquiéter de l’arrivée de grandes fondations au risque de voir disparaître les plus petites ?

Danielle Mitterrand, une Première Dame très engagée

Danielle Mitterrand, née Danielle Gouze, le 29 octobre 1924 à Verdun  en France, est l’épouse de François Mitterrand qui fut le Président de la République Française de 1981 à 1995. Elle a créé la fondation France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand en 1986, dont elle fut la Présidente jusqu’à sa mort en 2011.

Le père de Danielle Mitterrand était directeur d’une école laïque, il fut révoqué en 1940 par Vichy, pour ne pas avoir dénoncé les élèves juifs de son collège et sa mère était institutrice. Danielle rejoint le maquis à 17 ans comme infirmière bénévole et sera l’une des plus jeunes médaillées de la Résistance française. Durant la période 1940-1942, sa famille hébergea régulièrement dans la clandestinité, les membres du réseau de Résistance Combat. C’est ainsi qu’elle rencontrera François Mitterrand, alors recherché par la Gestapo, dans sa maison familiale et l’épousera le 27 octobre 1944. Après la guerre, François Mitterrand fut nommé ministre des Anciens Combattants et sa femme Danielle s’occupera de la Commission pour la répartition des subventions aux orphelins. Lors de la campagne présidentielle de 1981, Danielle est aux côtés de son mari et est présenté comme une femme très engagée et simple. Dès le début du mandat de son mari, Danielle annonce « Je ne suis pas une potiche » et à l’Elysée, elle refuse de se laisser enfermer dans le protocole et parvient à utiliser la tribune que lui offre sa place d’épouse du chef de l’Etat, pour se consacrer à la défense des droits de l’Homme.

 

Que ce soit sur le plan interne ou externe, Danielle Mitterrand n’hésite pas à faire valoir son opinion politique et humanitaire très à gauche. Par exemple, à l’égard de Fidel Castro elle déclare : « L’expropriation des compagnies américaines ne m’a pas déplu. Oui, j’ai applaudi l’échec de la tentative de déstabilisation menée par les cubains anticastristes de Miami pilotée par la CIA ». Les positions de sa femme ont parfois mis le Président dans des situations délicates mais grâce à l’indépendance de cette dernière, de nombreux prisonniers politiques ont été libérés. En 1995, elle va jusqu’à embrasser Fidel Castro en public après l’avoir invité à l’Elysée et ne cesse de critiquer le gouvernement de droite de Jacques Chirac. En 1996, Danielle Mitterrand se voit Lauréate du prix Nord-Sud et elle continuera à défendre ses causes jusqu’à sa mort à l’automne 2011.

Danielle Mitterrand est une des françaises qui a le plus marqué l’histoire, c’était une femme très indépendante, qui refusait d’être juste la femme du Président et qui n’a pas hésité à s’imposer et à contredire le gouvernement de son mari. Elle a reçu pour cela, beaucoup de critiques et de mauvaises langues ont dit que son travail était de soutenir son mari et qu’elle n’avait pas à donner son opinion personnelle. D’autres disent qu’elle était le moteur de la France pendant que son mari était Président et que beaucoup de choses s’étaient réalisées grâce à elle.

Que pensez-vous de cela ?

Audrey Hepburn, une actrice pas comme les autres

Audrey Hepburn, née Audrey Kathleen Ruston, le 4 mai 1929 à Bruxelles, est une actrice britannique, qui connut un grand succès dans les années 1950-1960, avant de devenir Ambassadrice de l’UNICEF en 1988. Elle a passé une grande partie de son enfance aux Pays-Bas. A onze ans, elle décide de devenir danseuse et entre au Conservatoire de Musique ou elle étudiera jusqu’en 1944. Malgré l’occupation des troupes allemandes, Audrey se lance encore plus dans la musique et la danse et trouve un débouché pour ses talents de comédienne dans la Résistance. A cause des restrictions et de la famine de l’hiver 1944, Audrey souffre de dépression et de malnutrition, ce qui va l’obliger à arrêter la danse. Après la guerre, elle déménage à Londres ou elle étudiera et travaillera comme mannequin avant de commencer sa carrière d’actrice en 1948. Grace à la pièce Gigi qui fut un succès, elle entra à Hollywood en 1953 ou elle commencera à tourner avec les plus grands acteurs et recevra de nombreux oscars. Quelques années plus tard, elle jouera  aux cotés de Sean Connery ou encore dans des films réalisés par Steven Spielberg.

A la fin des années 1980, la carrière d’actrice d’Audrey touchait à sa fin et elle décida de se lancer dans l’aide humanitaire. Cette décision était très importante pour elle et était une forme de reconnaissance aux Nations Unies, car comme elle le disait elle-même :      «J’étais une enfant sous-alimentée pendant les années de l’après-guerre. J’ai bénéficié des services de l’UNICEF, j’ai connu l’UNICEF toute ma vie ». Elle fut donc officiellement nommée Ambassadrice de Bienveillance de UNICEF le 8 mars 1988. Audrey s’impliqua énormément dans son nouveau rôle et effectua de nombreux voyages dans des pays en voie de développement afin de soutenir les enfants et de lever des fonds. En plus de cela, elle participa à une série télévisée intitulée Gardens of the World with Audrey Hepburn et enregistra aussi un CD de contes pour enfants, Les Contes enchantés d’Audrey Hepburn. En 1993, elle décéda à l’âge de 63 ans, suite à un cancer. En 2002, une statue fut inaugurée en sa mémoire au siège de l’organisation internationale à New York et Roger Moore déclara : « Nous sommes réunis pour célébrer la vie de notre amie Audrey Hepburn et sa seconde carrière, encore plus brillante, d’Ambassadrice de l’UNICEF ».

On peut se poser différente questions suite à l’implication d’Audrey Hepburn à UNICEF : Correspondait-elle vraiment au profil d’une ambassadrice ou a-t-elle seulement été choisie pour sa popularité ? Son travail a-t-il répondu aux attentes de la population ?

Personnellement je pense qu’il n’y a pas de profil type pour faire partie d’une organisation internationale comme UNICEF qui profite souvent de l’appui de personnalités internationalement reconnues. Selon moi, Audrey Hepburn était plus qu’une actrice ordinaire, son passé a motivé son choix pour s’engager, elle a vraiment pris son rôle à cœur et n’a pas seulement été qu’une figurante. C’est une personne charismatique grâce à sa carrière de comédienne, mais je pense que ses nombreuses missions pendant son cours mandat, ont prouvées qu’elle était capable et elle a obtenu une reconnaissance internationale pour son travail, notamment avec la création de l’Audrey Hepburn Children’s Fund en sa mémoire.

Qu’en pensez-vous ?

 

Quand les popularités s’impliquent dans les causes des plus défavorisées.

Tous les magazines nous parlent maintenant de vedettes qui s’impliquent dans des causes humanitaires et se veulent « défendre la veuve et l’orphelin ».  Ce phénomène est tellement fort que la vrai question n’est plus « Quelle star est impliquée dans une O.N.G[1] ? » mais « Quelle O.N.G ne dispose pas encore de sa star ? ». On ne compte plus les vedettes qui manifestent devant des ambassades, travaillent bénévolement pour des O.N.G ou mettent leur art au service d’une cause.

La composition de Michael Jackson – « We are the World » – fut, par exemple, un tel succès qu’elle fut reprise afin de récolter des fonds pour reconstruire Haïti.

Angelina Jolie s’est tellement impliquée dans des causes humanitaires –voyages très fréquents, accouchement en Namibie, bénévolat pour de nombreuses associations – qu’elle est devenue l’ambassadrice du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.

Coluche a finit par s’impliquer dans les questions sociales françaises et fonda les « Restos du Cœur » en 1985, puis la troupe « Les Enfoirées ».

George Clooney a été récemment  libéré sous caution de la prison de Washington pour avoir manifesté devant l’ambassade du Soudan.

Shakira et Senn Penn se sont déplacés à Haïti après le tremblement de terre pour aider les populations démunies, etc.

Le bénévolat – et plus largement l’engagement des Stars dans des causes humanitaires- n’est pas un phénomène nouveau.  Ce qui diffère maintenant vient du fait que toutes les stars ont leur planning d’activités humanitaires. Certaines engagent même des directeurs de communication cherchant tirer profit de cette implication. Un véritable business, centré sur le marketing humanitaire, est apparu. Des agences spécialisées dans le domaine ont même ouvertes. On se demande même, par pure curiosité, si leurs intentions sont réelles ou si la recherche de popularité est leur seule motivation ?

Quoi qu’il en soit, cet engouement est positif car nos vedettes sont les mieux placées pour dénoncer et alarmer efficacement le grand public de dérives politiques et/ou injustices. D’autres réussissent mieux qui personne à ramasser des fonds et subvenir aux besoins des O.N.G. Il faut juste être prudent à ce que cela ne devienne pas un pur business, loin de toute considération altruiste. Il serait en effet dommage de voir ces fonds mal investis, surtout en ces temps où le monde de l’humanitaire est de plus en plus critiqué pour être inefficace, corrompu, ou perverti par la recherche de profit.


[1] Organisation Non Gouvernementale

Ronald Reagan : Quand le 7ème art sert à consolider la plus grande nation du XX° siècle.

Dans l’imaginaire collectif, les États-Unis sont tout autant noyau mondial de productions cinématographiques que le lieu où les principales décisions en politique international sont faites. Pour beaucoup, les Etats-Unis riment avec Hollywood, ses westerns, ses sagas mondialement connues – faut-il citer Star Wars ? -, le monde de glam et de strass des starlettes. Mais pour d’autres, les Etats-Unis sont la super-puissance mondiale qui depuis la fin de la dernière Guerre Mondiale domine tant d’un point de vu politique, économique, culturel que militaire.

Nombreux sont ceux qui n’oublient pas que dans le monde bipolaire – pendant le période de la Guerre Froide -, les Etats-Unis ont triomphés de l’U.R.S.S. et ont imposé leur « soft power »  et leur « hard power » pour rependre les termes de Joseph Nye.

Ainsi un des Président américain qui reste le plus dans les mémoires a su combiné ces deux mondes, et en bouleversa même leur avenir : l’univers du 7ème art et celui de la politique.

Dans son autobiographie, Reagan mis en évidence une chose actuellement évidente, mais encore peu assimilée à son époque : « Comment peut-on être Président sans être acteur ? ». De nos jours, il existe nombre d’exemples de politiciens en étroite relations avec le monde des artistes : comme l’humoriste français Coluche et sa candidature controversée au présidentielle française en 1981, ou Marilyn Monroe et son influence sur le Président américain Kennedy.

Ronald Reagan n’est pas connu pour sa carrière d’acteur. Pourtant entre 1937 et 1964, il joua dans plus de 50 films ou séries B, bien qu’il fit une percée dans Hollywood lorsque qu’il devint le présentateur de la populaire émission le « General Electric Theatre ». Les prémices de sa carrière politique sont sans aucun doute apparues durant cette période ; principalement pendant la Deuxième Guerre Mondiale, quand il tourna des films de propagande à Hollywood pour l’US Army. De cette expérience il a dû en tirer une conclusion très claire : le cinéma est un instrument de propagande et de séduction très efficace. Dès lors en 1947,  il prit la  présidence du Syndicat des Acteurs et collabora avec le F.B.I pour mener une lutte acharnée contre les communistes à Hollywood. Ici commence une longue lutte anticommunisme dont R. Reagan est la figure emblématique avec sa guerre contre le dit « Axe du mal » (ou U.R.S.S.).

De cette expérience, Reagan tira non seulement une vision et un programme politique, mais aussi un personnage énigmatique et populaire qui réconcilia le monde avec les Etats-Unis d’Amérique. Reagan était connu pour être apprécié du peuple américain mais aussi de ses rivaux, comme M. Gorbatchev. Cette popularité il l’a devait à ses talents d’orateur et de communicateur le rendant tant sympathique et que passionnée.

Ses idées parfois retranchées ont toutes été retranscrites dans des discours ayant un arrière goût d’épopée. Il usait à outrance de termes diabolisant le bloc soviétique tels que l’« Empire du mal » ou de « Guerre des étoiles », prônant l’individualisme et le libéralisme en parlant de « sangsues ». Grâce la rhétorique cinématographique, tiré de sa carrière d’acteur, Reagan séduit.  Dès lors, le monde de l’audiovisuel devint son instrument politique et le restera pour les Présidents qui lui succédèrent. R. Reagan fut, par exemple, le premier président à utiliser un prompteur  pour faire ses discours, ce qui fut reprit par la suite. Hollywood et ses films, tels que Rambo ou Rocky, furent aussi produits afin de servirent les objectifs politiques de Reagan. Reagan visait plusieurs objectifs tous atteins et illustrés par son fameux slogan « America is back » :

–       Réconcilier le peuple américain avec les Etats-Unis d’Amérique après la blessure de la guerre du Vietnam. Il fallait ranimer le patriotisme américain.

–       Défendre du territoire américain face à la menace soviétique qui s’illustre par l’ « Initiative de Défense Stratégique » ou « Guerre des Étoiles » contre l’ « Empire du mal ».

–       Retourner à des valeurs traditionnelles fondées sur l’individualisme et libéraliser l’économie.

Rambo et Rocky ont particulièrement contribué à la réalisation de ces objectifs. Tous deux incarnent des héros américains,  luttant pour défendre le bien, favorisant l’action aux discussions, et défendant les principes de liberté et de démocratie. Dans le 1er et le 2ème film (First Blood et First Blood II), Rambo est un ancien combattant du Vietnam, ce qui permet à Reagan de réviser l’histoire de la Guerre du Vietnam aux yeux des américains. Et dans Rocky IV, le vaillant américain va même aller en U.R.S.S mener un combat contre le « méchant », gagner et faire un long discours sur les bienfaits de la démocratie et la grandeur des principes américains en U.R.S.S.

Cinéma et politique: une union qui va de soi

Le cinéma et la politique ont toujours fait bon ménage, que ce soit dans le cinéma de fiction ou dans le documentaire. Le cinéma a toujours été un reflet de son époque et, par la même occasion, des opinions de ses créateurs.

On n’a qu’à penser aux films de D.W. Griffith, qui au tout début de l’histoire du cinéma n’hésitait pas à passer des messages dans ses œuvres, notamment The Birth of a Nation (1915) et Intolerance: Love’s Struggle Throughout the Ages (1916). Le premier fut porteur d’une controverse qui fit le tour des États-Unis de par sa représentation du Ku Klux Klan comme une force positive permettant de mater le Sud du pays après la Guerre Civile. Le second fut une tentative de rectifier le tir en montrant comment l’intolérance existe depuis la nuit des temps.

La politique au cinéma ne date donc pas d’hier. Mais qu’en est-il maintenant? Pour répondre à cette question, je vous propose un tour d’horizon des tendances politiques dans le cinéma de fiction et le documentaire.

Le cinéma de fiction

Affice de "Un dimanche à Kigali" de Robert Favreau (2006)

« Le seul fait de vouloir faire du cinéma au Québec est un geste politique » Claude Jutra, cité par Joanne Arcand [1]

Au Québec, la figure la plus connue du cinéma de fiction engagé demeure évidemment Pierre Falardeau qui, notamment avec 18 février 1839, n’hésite pas à mettre en évidence les parallèles entre la révolte des Patriotes au dix-neuvième siècle et ses aspirations souverainistes. En tant qu’artiste engagé à l’extérieur de son travail, il n’est pas étonnant qu’il n’hésite pas à passer son message à travers ses œuvres également. Il n’est pas le seul: l’émergence du cinéma québécois proprement dit au cours des années 1960 a vu la montée de cinéastes engagés, souvent militants, qui n’hésitaient pas à dénoncer, à prendre la parole à travers leurs films. Le chat dans le sac, réalisé en 1964 par Gilles Groulx, est un plaidoyer sur la montée de l’identité nationale québécoise réinterprétée à travers la vie de couple de deux jeunes. Vous pouvez visionner ce film sur le site de l’Office national du film du Canada ici. Cette tendance du cinéma québécois se poursuit encore de nos jours, les sujets politiques se sont transformés: Hugo Latulippe mentionne  que Monsieur Lahzar, film ayant remporté le prix Jutra du meilleur film de 2011, peut également être perçu comme une œuvre engagé qui discute des problèmes de la réforme de l’éducation et également du traitement des immigrants par la société québécoise. [2]

Les États-Unis ne sont pas en reste: le très grand nombre de films qui traitent de la guerre en font foi. Pourtant, il ne faut pas se leurrer: « ce n’est pas le thème qui fait l’engagement : un film sur la guerre ne sera pas nécessairement contestataire. »[3] Les exemples sont légions, que l’on pense à la dénonciation de la guerre du Vietnam dans Apocalypse Now, Born on the Fourth of July, Platoon etc. Cette guerre eut un profond impact sur la société américaine et ce fait se reflète dans le grand nombre de films qui lui sont dédiées, non seulement dans les années 1970-80 mais aussi encore aujourd’hui.

Le cinéma de fiction d’une nation sait également dénoncer des situations politiques qui lui sont étrangères. Pensons notamment à Hotel Rwanda (2005) de Terry George qui, à travers la fiction, dénonce la génocide de 1994 tout en abordant la question de la responsabilité de l’Occident et de son impuissance [4].  Au Canada, en 2007, une adaptation des mémoires du Général Roméo Dallaire, dans le film J’ai serré la main du diable, nous présente le même conflit par la perspective du général des forces internationales en poste à Kigali, interprété par Roy Dupuis. Un an plus tôt, Un dimanche à Kigali, adaptation du roman de Gil Courtemanche, arrive sur les écrans québécois et offre une perspective différente sur les conséquences du conflit sur la vie dans la capitale rwandaise.

On remarque ici que le message politique peut prendre de nombreuses formes dans le cinéma de fiction. Attardons-nous maintenant un moment sur le cinéma documentaire.

Le cinéma documentaire

Affiche de "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore (2004)

Les documentaire engagés sont partout: on les retrouve dans toutes les cinématographies nationales, ils sont présents dans les plus grands festivals, ils s’installent sur nos écrans… et ils remportent du succès!

On ne peut passer sous silence le phénomène du documentaire engagé qu’est Michael Moore. Sans pour autant accepter sans protestation ses techniques de réalisation et de recherche, force est d’admettre que ses films ont un succès planétaire. En 2004, son film Fahrenheit 9/11, véritable pamphlet contre George W. Bush, remporte la Palme d’Or au festival de Cannes, la plus grande célébration du cinéma au monde. Malgré les difficultés rencontrées avec ses producteurs, le film a remporté plus de 200 millions de dollars en recettes à travers le monde.

Moore n’est pas le seul réalisateur de documentaires à remporter un tel succès d’estime, que ce soit aux États-Unis (Supersize Me (Morgan Spurlock, 2004), An Inconvenient Truth (David Guggenheim, 2006) ou ailleurs dans le monde (Tie Zi Qu: À L’Ouest des rails (Wang Bing, 2003). De son côté, le Québec s,est toujours grandement intéressé au documentaire et à ses possibilités de dénonciation politique. Pensons notamment à Denys Arcand, qui avant de se tourner vers la fiction a réalisé de grands documentaires comme par exemple On est au coton (1970), qui met en évidence les conditions de travail difficiles et les problèmes de l’industrie manufacturière, ou à le confort et l’indifférence (1981), qui analyse la situation politique québécoise au lendemain du référendum sur la souveraineté.

Finalement, le mouvement des Indignés un peu partout sur la planète a également inspiré un film, Indignados, de Tony Gatlif, qui se veut des dires mêmes du réalisateur « plus qu’un film, plus qu’un documentaire, c’est un ciné poème engagé » [5] Librement inspiré de Indignez-vous, écrit par Stéphane Hessel, ce film traverse la révolte des indignés à Madrid, mais rejoint également les préoccupations évoquées sur tout le continent européen en cette année 2011. Les images ont été filmées en Espagne, en France et en Grèce et deviennent donc un témoignage de ce mouvement, immortalisé à jamais sur pellicule pour en assurer la postérité.

Pour poursuivre la réflexion

C’est là la plus grande force, à mon avis, des messages politiques transmis par le cinéma, qu’il soit de fiction ou documentaire. Les cinéastes ont la capacité d’influencer ou de partager leurs points de vues avec leurs contemporains, mais également avec ceux qui les suivront, longtemps après qu’ils aient pu mettre leurs films au monde. C’est particulièrement vrai pour des films dénonçant des situation telles que le racisme, l’homophobie ou toute autre forme de discrimination.

Signe des temps, de nombreux articles sont dédiés à l’analyse de la situation du cinéma engagé depuis quelques années: la chaîne franco-allemande ARTE, Courrier International, et même Le monde diplomatique s’y sont consacrés, pour n’en nommer que quelques-uns. On remarque donc une recrudescence de la présence du message politique dans le cinéma à grande échelle, ou du moins une plus grande capacité de la part du public de la percevoir.

Êtes-vous d’avis qu’un message politique est plus efficace lorsqu’il est intégré à une histoire fictive ou préférez-vous une vision qui tend vers l’objectivité, telle que le permet le documentaire?

Est-ce que vos films préférés contiennent un message politique?