Et au final ? …

Faisant des études de géopolitique et m’intéressant particulièrement à l’Art, j’avais envie de montrer les interconnexions entre ces deux mondes si distincts, mais pourtant similaire. Je me suis concentrée sur les stratégies de communication du monde artistique et du monde politique pour montrer à la fois leurs similitudes et leurs interdépendances.

En premier lieu, me concentrant en même temps sur le rôle d’un président, d’une si grande puissance que sont les Etats-Unis, et sur le rôle d’un acteur, jouant sur les tonalités, les mots et les expressions faciales, j’ai voulu démontrer à quel point une bonne stratégie de communication peut bouleverser l’histoire de plusieurs Nations. L’exemple de Ronald Reagan est le plus adapté à la situation : bon orateur et politicien entré dans les mémoires, certains disant qu’il s’exprimait bien mais n’avait que très peu d’idées politiques.

Je voulais aussi aborder le thème de l’humanitaire et sa commercialisation grâce aux popularités … Dans ce thème là, tant le monde politique que le monde artiste semblent perdre leur indépendance pour former qu’une seule entité. Est-ce positif ? Est-ce négatif ? Je ne sais pas moi même, mais il est désormais certain que les puissants de ce monde ont la capacité de changer les choses. Peu importe notre univers d’origine, artiste, PDG, politicien, vedette télévisuelle, seule ceux qui bénéficient d’une notoriété et/ou d’une quelconque puissance monétaire peuvent agir comme ils l’entendent. Et mon inquiétude est donc la suivante : de nos jours pour faire de la politique, connaître parfaitement l’état du monde et les questions socio-économiques suffit-il ? Ou suffit-il seulement d’avoir un quelque chose de charismatique, ou de l’argent, pour être un politicien qui entre dans l’histoire ?

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Quand les popularités s’impliquent dans les causes des plus défavorisées.

Tous les magazines nous parlent maintenant de vedettes qui s’impliquent dans des causes humanitaires et se veulent « défendre la veuve et l’orphelin ».  Ce phénomène est tellement fort que la vrai question n’est plus « Quelle star est impliquée dans une O.N.G[1] ? » mais « Quelle O.N.G ne dispose pas encore de sa star ? ». On ne compte plus les vedettes qui manifestent devant des ambassades, travaillent bénévolement pour des O.N.G ou mettent leur art au service d’une cause.

La composition de Michael Jackson – « We are the World » – fut, par exemple, un tel succès qu’elle fut reprise afin de récolter des fonds pour reconstruire Haïti.

Angelina Jolie s’est tellement impliquée dans des causes humanitaires –voyages très fréquents, accouchement en Namibie, bénévolat pour de nombreuses associations – qu’elle est devenue l’ambassadrice du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.

Coluche a finit par s’impliquer dans les questions sociales françaises et fonda les « Restos du Cœur » en 1985, puis la troupe « Les Enfoirées ».

George Clooney a été récemment  libéré sous caution de la prison de Washington pour avoir manifesté devant l’ambassade du Soudan.

Shakira et Senn Penn se sont déplacés à Haïti après le tremblement de terre pour aider les populations démunies, etc.

Le bénévolat – et plus largement l’engagement des Stars dans des causes humanitaires- n’est pas un phénomène nouveau.  Ce qui diffère maintenant vient du fait que toutes les stars ont leur planning d’activités humanitaires. Certaines engagent même des directeurs de communication cherchant tirer profit de cette implication. Un véritable business, centré sur le marketing humanitaire, est apparu. Des agences spécialisées dans le domaine ont même ouvertes. On se demande même, par pure curiosité, si leurs intentions sont réelles ou si la recherche de popularité est leur seule motivation ?

Quoi qu’il en soit, cet engouement est positif car nos vedettes sont les mieux placées pour dénoncer et alarmer efficacement le grand public de dérives politiques et/ou injustices. D’autres réussissent mieux qui personne à ramasser des fonds et subvenir aux besoins des O.N.G. Il faut juste être prudent à ce que cela ne devienne pas un pur business, loin de toute considération altruiste. Il serait en effet dommage de voir ces fonds mal investis, surtout en ces temps où le monde de l’humanitaire est de plus en plus critiqué pour être inefficace, corrompu, ou perverti par la recherche de profit.


[1] Organisation Non Gouvernementale

Ronald Reagan : Quand le 7ème art sert à consolider la plus grande nation du XX° siècle.

Dans l’imaginaire collectif, les États-Unis sont tout autant noyau mondial de productions cinématographiques que le lieu où les principales décisions en politique international sont faites. Pour beaucoup, les Etats-Unis riment avec Hollywood, ses westerns, ses sagas mondialement connues – faut-il citer Star Wars ? -, le monde de glam et de strass des starlettes. Mais pour d’autres, les Etats-Unis sont la super-puissance mondiale qui depuis la fin de la dernière Guerre Mondiale domine tant d’un point de vu politique, économique, culturel que militaire.

Nombreux sont ceux qui n’oublient pas que dans le monde bipolaire – pendant le période de la Guerre Froide -, les Etats-Unis ont triomphés de l’U.R.S.S. et ont imposé leur « soft power »  et leur « hard power » pour rependre les termes de Joseph Nye.

Ainsi un des Président américain qui reste le plus dans les mémoires a su combiné ces deux mondes, et en bouleversa même leur avenir : l’univers du 7ème art et celui de la politique.

Dans son autobiographie, Reagan mis en évidence une chose actuellement évidente, mais encore peu assimilée à son époque : « Comment peut-on être Président sans être acteur ? ». De nos jours, il existe nombre d’exemples de politiciens en étroite relations avec le monde des artistes : comme l’humoriste français Coluche et sa candidature controversée au présidentielle française en 1981, ou Marilyn Monroe et son influence sur le Président américain Kennedy.

Ronald Reagan n’est pas connu pour sa carrière d’acteur. Pourtant entre 1937 et 1964, il joua dans plus de 50 films ou séries B, bien qu’il fit une percée dans Hollywood lorsque qu’il devint le présentateur de la populaire émission le « General Electric Theatre ». Les prémices de sa carrière politique sont sans aucun doute apparues durant cette période ; principalement pendant la Deuxième Guerre Mondiale, quand il tourna des films de propagande à Hollywood pour l’US Army. De cette expérience il a dû en tirer une conclusion très claire : le cinéma est un instrument de propagande et de séduction très efficace. Dès lors en 1947,  il prit la  présidence du Syndicat des Acteurs et collabora avec le F.B.I pour mener une lutte acharnée contre les communistes à Hollywood. Ici commence une longue lutte anticommunisme dont R. Reagan est la figure emblématique avec sa guerre contre le dit « Axe du mal » (ou U.R.S.S.).

De cette expérience, Reagan tira non seulement une vision et un programme politique, mais aussi un personnage énigmatique et populaire qui réconcilia le monde avec les Etats-Unis d’Amérique. Reagan était connu pour être apprécié du peuple américain mais aussi de ses rivaux, comme M. Gorbatchev. Cette popularité il l’a devait à ses talents d’orateur et de communicateur le rendant tant sympathique et que passionnée.

Ses idées parfois retranchées ont toutes été retranscrites dans des discours ayant un arrière goût d’épopée. Il usait à outrance de termes diabolisant le bloc soviétique tels que l’« Empire du mal » ou de « Guerre des étoiles », prônant l’individualisme et le libéralisme en parlant de « sangsues ». Grâce la rhétorique cinématographique, tiré de sa carrière d’acteur, Reagan séduit.  Dès lors, le monde de l’audiovisuel devint son instrument politique et le restera pour les Présidents qui lui succédèrent. R. Reagan fut, par exemple, le premier président à utiliser un prompteur  pour faire ses discours, ce qui fut reprit par la suite. Hollywood et ses films, tels que Rambo ou Rocky, furent aussi produits afin de servirent les objectifs politiques de Reagan. Reagan visait plusieurs objectifs tous atteins et illustrés par son fameux slogan « America is back » :

–       Réconcilier le peuple américain avec les Etats-Unis d’Amérique après la blessure de la guerre du Vietnam. Il fallait ranimer le patriotisme américain.

–       Défendre du territoire américain face à la menace soviétique qui s’illustre par l’ « Initiative de Défense Stratégique » ou « Guerre des Étoiles » contre l’ « Empire du mal ».

–       Retourner à des valeurs traditionnelles fondées sur l’individualisme et libéraliser l’économie.

Rambo et Rocky ont particulièrement contribué à la réalisation de ces objectifs. Tous deux incarnent des héros américains,  luttant pour défendre le bien, favorisant l’action aux discussions, et défendant les principes de liberté et de démocratie. Dans le 1er et le 2ème film (First Blood et First Blood II), Rambo est un ancien combattant du Vietnam, ce qui permet à Reagan de réviser l’histoire de la Guerre du Vietnam aux yeux des américains. Et dans Rocky IV, le vaillant américain va même aller en U.R.S.S mener un combat contre le « méchant », gagner et faire un long discours sur les bienfaits de la démocratie et la grandeur des principes américains en U.R.S.S.