Audrey Hepburn, une actrice pas comme les autres

Audrey Hepburn, née Audrey Kathleen Ruston, le 4 mai 1929 à Bruxelles, est une actrice britannique, qui connut un grand succès dans les années 1950-1960, avant de devenir Ambassadrice de l’UNICEF en 1988. Elle a passé une grande partie de son enfance aux Pays-Bas. A onze ans, elle décide de devenir danseuse et entre au Conservatoire de Musique ou elle étudiera jusqu’en 1944. Malgré l’occupation des troupes allemandes, Audrey se lance encore plus dans la musique et la danse et trouve un débouché pour ses talents de comédienne dans la Résistance. A cause des restrictions et de la famine de l’hiver 1944, Audrey souffre de dépression et de malnutrition, ce qui va l’obliger à arrêter la danse. Après la guerre, elle déménage à Londres ou elle étudiera et travaillera comme mannequin avant de commencer sa carrière d’actrice en 1948. Grace à la pièce Gigi qui fut un succès, elle entra à Hollywood en 1953 ou elle commencera à tourner avec les plus grands acteurs et recevra de nombreux oscars. Quelques années plus tard, elle jouera  aux cotés de Sean Connery ou encore dans des films réalisés par Steven Spielberg.

A la fin des années 1980, la carrière d’actrice d’Audrey touchait à sa fin et elle décida de se lancer dans l’aide humanitaire. Cette décision était très importante pour elle et était une forme de reconnaissance aux Nations Unies, car comme elle le disait elle-même :      «J’étais une enfant sous-alimentée pendant les années de l’après-guerre. J’ai bénéficié des services de l’UNICEF, j’ai connu l’UNICEF toute ma vie ». Elle fut donc officiellement nommée Ambassadrice de Bienveillance de UNICEF le 8 mars 1988. Audrey s’impliqua énormément dans son nouveau rôle et effectua de nombreux voyages dans des pays en voie de développement afin de soutenir les enfants et de lever des fonds. En plus de cela, elle participa à une série télévisée intitulée Gardens of the World with Audrey Hepburn et enregistra aussi un CD de contes pour enfants, Les Contes enchantés d’Audrey Hepburn. En 1993, elle décéda à l’âge de 63 ans, suite à un cancer. En 2002, une statue fut inaugurée en sa mémoire au siège de l’organisation internationale à New York et Roger Moore déclara : « Nous sommes réunis pour célébrer la vie de notre amie Audrey Hepburn et sa seconde carrière, encore plus brillante, d’Ambassadrice de l’UNICEF ».

On peut se poser différente questions suite à l’implication d’Audrey Hepburn à UNICEF : Correspondait-elle vraiment au profil d’une ambassadrice ou a-t-elle seulement été choisie pour sa popularité ? Son travail a-t-il répondu aux attentes de la population ?

Personnellement je pense qu’il n’y a pas de profil type pour faire partie d’une organisation internationale comme UNICEF qui profite souvent de l’appui de personnalités internationalement reconnues. Selon moi, Audrey Hepburn était plus qu’une actrice ordinaire, son passé a motivé son choix pour s’engager, elle a vraiment pris son rôle à cœur et n’a pas seulement été qu’une figurante. C’est une personne charismatique grâce à sa carrière de comédienne, mais je pense que ses nombreuses missions pendant son cours mandat, ont prouvées qu’elle était capable et elle a obtenu une reconnaissance internationale pour son travail, notamment avec la création de l’Audrey Hepburn Children’s Fund en sa mémoire.

Qu’en pensez-vous ?

 

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Cinéma et politique: une union qui va de soi

Le cinéma et la politique ont toujours fait bon ménage, que ce soit dans le cinéma de fiction ou dans le documentaire. Le cinéma a toujours été un reflet de son époque et, par la même occasion, des opinions de ses créateurs.

On n’a qu’à penser aux films de D.W. Griffith, qui au tout début de l’histoire du cinéma n’hésitait pas à passer des messages dans ses œuvres, notamment The Birth of a Nation (1915) et Intolerance: Love’s Struggle Throughout the Ages (1916). Le premier fut porteur d’une controverse qui fit le tour des États-Unis de par sa représentation du Ku Klux Klan comme une force positive permettant de mater le Sud du pays après la Guerre Civile. Le second fut une tentative de rectifier le tir en montrant comment l’intolérance existe depuis la nuit des temps.

La politique au cinéma ne date donc pas d’hier. Mais qu’en est-il maintenant? Pour répondre à cette question, je vous propose un tour d’horizon des tendances politiques dans le cinéma de fiction et le documentaire.

Le cinéma de fiction

Affice de "Un dimanche à Kigali" de Robert Favreau (2006)

« Le seul fait de vouloir faire du cinéma au Québec est un geste politique » Claude Jutra, cité par Joanne Arcand [1]

Au Québec, la figure la plus connue du cinéma de fiction engagé demeure évidemment Pierre Falardeau qui, notamment avec 18 février 1839, n’hésite pas à mettre en évidence les parallèles entre la révolte des Patriotes au dix-neuvième siècle et ses aspirations souverainistes. En tant qu’artiste engagé à l’extérieur de son travail, il n’est pas étonnant qu’il n’hésite pas à passer son message à travers ses œuvres également. Il n’est pas le seul: l’émergence du cinéma québécois proprement dit au cours des années 1960 a vu la montée de cinéastes engagés, souvent militants, qui n’hésitaient pas à dénoncer, à prendre la parole à travers leurs films. Le chat dans le sac, réalisé en 1964 par Gilles Groulx, est un plaidoyer sur la montée de l’identité nationale québécoise réinterprétée à travers la vie de couple de deux jeunes. Vous pouvez visionner ce film sur le site de l’Office national du film du Canada ici. Cette tendance du cinéma québécois se poursuit encore de nos jours, les sujets politiques se sont transformés: Hugo Latulippe mentionne  que Monsieur Lahzar, film ayant remporté le prix Jutra du meilleur film de 2011, peut également être perçu comme une œuvre engagé qui discute des problèmes de la réforme de l’éducation et également du traitement des immigrants par la société québécoise. [2]

Les États-Unis ne sont pas en reste: le très grand nombre de films qui traitent de la guerre en font foi. Pourtant, il ne faut pas se leurrer: « ce n’est pas le thème qui fait l’engagement : un film sur la guerre ne sera pas nécessairement contestataire. »[3] Les exemples sont légions, que l’on pense à la dénonciation de la guerre du Vietnam dans Apocalypse Now, Born on the Fourth of July, Platoon etc. Cette guerre eut un profond impact sur la société américaine et ce fait se reflète dans le grand nombre de films qui lui sont dédiées, non seulement dans les années 1970-80 mais aussi encore aujourd’hui.

Le cinéma de fiction d’une nation sait également dénoncer des situations politiques qui lui sont étrangères. Pensons notamment à Hotel Rwanda (2005) de Terry George qui, à travers la fiction, dénonce la génocide de 1994 tout en abordant la question de la responsabilité de l’Occident et de son impuissance [4].  Au Canada, en 2007, une adaptation des mémoires du Général Roméo Dallaire, dans le film J’ai serré la main du diable, nous présente le même conflit par la perspective du général des forces internationales en poste à Kigali, interprété par Roy Dupuis. Un an plus tôt, Un dimanche à Kigali, adaptation du roman de Gil Courtemanche, arrive sur les écrans québécois et offre une perspective différente sur les conséquences du conflit sur la vie dans la capitale rwandaise.

On remarque ici que le message politique peut prendre de nombreuses formes dans le cinéma de fiction. Attardons-nous maintenant un moment sur le cinéma documentaire.

Le cinéma documentaire

Affiche de "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore (2004)

Les documentaire engagés sont partout: on les retrouve dans toutes les cinématographies nationales, ils sont présents dans les plus grands festivals, ils s’installent sur nos écrans… et ils remportent du succès!

On ne peut passer sous silence le phénomène du documentaire engagé qu’est Michael Moore. Sans pour autant accepter sans protestation ses techniques de réalisation et de recherche, force est d’admettre que ses films ont un succès planétaire. En 2004, son film Fahrenheit 9/11, véritable pamphlet contre George W. Bush, remporte la Palme d’Or au festival de Cannes, la plus grande célébration du cinéma au monde. Malgré les difficultés rencontrées avec ses producteurs, le film a remporté plus de 200 millions de dollars en recettes à travers le monde.

Moore n’est pas le seul réalisateur de documentaires à remporter un tel succès d’estime, que ce soit aux États-Unis (Supersize Me (Morgan Spurlock, 2004), An Inconvenient Truth (David Guggenheim, 2006) ou ailleurs dans le monde (Tie Zi Qu: À L’Ouest des rails (Wang Bing, 2003). De son côté, le Québec s,est toujours grandement intéressé au documentaire et à ses possibilités de dénonciation politique. Pensons notamment à Denys Arcand, qui avant de se tourner vers la fiction a réalisé de grands documentaires comme par exemple On est au coton (1970), qui met en évidence les conditions de travail difficiles et les problèmes de l’industrie manufacturière, ou à le confort et l’indifférence (1981), qui analyse la situation politique québécoise au lendemain du référendum sur la souveraineté.

Finalement, le mouvement des Indignés un peu partout sur la planète a également inspiré un film, Indignados, de Tony Gatlif, qui se veut des dires mêmes du réalisateur « plus qu’un film, plus qu’un documentaire, c’est un ciné poème engagé » [5] Librement inspiré de Indignez-vous, écrit par Stéphane Hessel, ce film traverse la révolte des indignés à Madrid, mais rejoint également les préoccupations évoquées sur tout le continent européen en cette année 2011. Les images ont été filmées en Espagne, en France et en Grèce et deviennent donc un témoignage de ce mouvement, immortalisé à jamais sur pellicule pour en assurer la postérité.

Pour poursuivre la réflexion

C’est là la plus grande force, à mon avis, des messages politiques transmis par le cinéma, qu’il soit de fiction ou documentaire. Les cinéastes ont la capacité d’influencer ou de partager leurs points de vues avec leurs contemporains, mais également avec ceux qui les suivront, longtemps après qu’ils aient pu mettre leurs films au monde. C’est particulièrement vrai pour des films dénonçant des situation telles que le racisme, l’homophobie ou toute autre forme de discrimination.

Signe des temps, de nombreux articles sont dédiés à l’analyse de la situation du cinéma engagé depuis quelques années: la chaîne franco-allemande ARTE, Courrier International, et même Le monde diplomatique s’y sont consacrés, pour n’en nommer que quelques-uns. On remarque donc une recrudescence de la présence du message politique dans le cinéma à grande échelle, ou du moins une plus grande capacité de la part du public de la percevoir.

Êtes-vous d’avis qu’un message politique est plus efficace lorsqu’il est intégré à une histoire fictive ou préférez-vous une vision qui tend vers l’objectivité, telle que le permet le documentaire?

Est-ce que vos films préférés contiennent un message politique?

MegaUpload Song, ou les artistes Vs. la SOPA

Après l’introduction du SOPA (Stop Online Piracy Act) par le représentant américain Lamar Smith, visant le renforcement de la loi américaine contre le trafic en ligne de propriétés intellectuelles, l’une des retombées directes les plus médiatisées a été la saisie par le Département de la Justice du FBI du site internet MegaUpload.com. L’image ci-dessous montre ce qui est affiché lorsqu’on essaye d’accéder à présent au nom de domaine :

Fermeture de MegaUpload

Ce qu'on retrouve lorsqu'on essaye d'ouvrir MegaUpload.Com

Nombreux sont ceux qui ont jugé cette fermeture abusive. Certains sont même allés jusqu’à manifester dans les rues au nom de la liberté individuelle sur internet, voire même faire des cyber attaques dans le cadres de groupes de cyber hackers nommés Anonymous. Mais l’action la moins attendue et la plus marquante a été la « MegaUpload Song » : la moins attendue car elle vient d’un collectif d’artistes, supposés être les « victimes » de MegaUpload, et la plus marquante car elle a été agrémentée d’un clip qui circule toujours sur les sites de visionnage de vidéos (Youtube, Dailymotion, Vimeo, etc.) et a fait le buzz sur les réseaux sociaux en ligne.

Il est intéressant de relever trois points saillants dans cette affaire :

  • L’engagement politique des artistes participants du collectifs contre le projet de loi SOPA et le PROTECT IP Act (ou PIPA), ou comment des artistes peuvent exploiter leur potentiel de lobbysme en se transformant en activistes politiques ;
  • Les paroles de la « MegaUpload Song » et le contenu du clip l’accompagnant ;
  • La controverse suscitée par la chanson.

En effet, toutes les personnes soutenant les deux projets de loi sus-cités insistent qu’ils agissent dans le souci de protéger les artistes. Ces derniers s’en sont bien défendus en créant un collectif de soutien à MegaUpload. Parmi ces artistes qui affichent leur soutien au site fermé, on retrouve Alicia Keys, Puff Daddy, Will.I.Am, Estelle, Chris Brown, Kanye West, Lil John, Jamie Foxx, Kim Kardashian, Serena Willams ou encore Mary J Blidge. Voilà la chanson qui n’a pas, depuis sa création, arrêté de susciter le buzz dans les réseaux sociaux:

Comme on peut le voir sur la vidéo, les artistes justifient leur choix d’utiliser MegaUpload, pour sa rapidité et la sécurité qu’il offre, et montrent aussi qu’ils ne sont pas les seuls à faire ce choix: 1 milliard d’utilisateurs, et 50 millions par jour, ce qui donne à MegaUpload une part de 4% de l’internet.

La chanson a fait parler d’elle, vue comme étant une campagne visant à donner plus de crédibilité au service rendu par le site MegaUpload.com, chose qui a hautement irrité la sensibilité des acteurs majeurs dans le secteur cinématographique, surtout. Elle a même fait l’objet d’une tentative de censure de la part du Label Universal, prétextant que les artistes apparaissant sur la vidéo ont été affichés sur le montage vidéo promotionnel contre leur gré, et demandant ainsi que la vidéo soit retirée de toutes les plateformes de visionnage de vidéos, y compris Youtube.

Ces artistes ont-ils été payés par Kim Dotcom (fondateur de MegaUpload) pour faire cette vidéo promotionnelle? Ont-ils été motivés par des liens d’intérêt avec ce dernier, ou alors ont-ils agi de leur propre gré? Sont-ils habilités à représenter l’opinion publique sur certaines décisions politiques ou font-ils un semblant d’activisme afin de faire remonter leurs côte auprès de leurs fans?

Tryo, Dénoncer par la musique

Tryo est un groupe français fondé en 1995 qui se composait à la base de trois membres, Cyril Célestin (dit Guizmo), Manu Eveno et Christophe Petit (dit Mali);  qui compte maintenant quatre membres officiels avec l’ajoute de Daniel Bravo d’origine Chilienne. Ils ont présentement 4 albums studio à leurs actifs et aussi deux albums en concert. Leurs deux premiers albums que le groupe a publiés les firent connaître au public français, mais c’est grâce à leur troisième album, Grain de sable, sorti en 2003 que le groupe va connaître le succès au Québec. C’est à partir de cet album que j’ai véritable connu le groupe. Ce qui m’a plu de ce groupe est à la fois leur musique, mais aussi la force des paroles des chansons.

 

 

 

C’est à travers l’album Grain de sable que le groupe va affirmer leur influence de la musique du monde, mais aussi leur engagement politique grâce à des chansons qui dénoncent des problématiques autant politique qu’environnementale. J’ai décidé de vous présenter une de mes chansons favorites qui représentent bien leur tournant politique : Pomp’Afric.

Pomp’Afric est une chanson qui traite de la relation entre la France et leur ancienne colonie africaine et le tout sans prendre de gants blancs. Voici les paroles :

Ô Prédateurs tentaculaires

Ô Boulimie monopoliste

Ô Technocrates mercenaires

Quand la finance a ses artistes

Ô Terrain d’jeu au soleil

Ô Chaises longues pour politiques

Boloré Bouygues Vivendi Elf

Se servent sur la pompe Afrique

Bolopoli Boloréseau
Boloré voyage au Congo

Boloré crée son arsenal

Rejoint la cour du général

Bolocratie Bolo la pieuvre

Regarde les devises qui pleuvent

Quand Bolo se roule un tarpé

Il ouvre une usine OCB

J’ai toujours eu de l’admiration pour vous

J’ai toujours su que vous seriez avec nous

Je vous emmène

Dans nos nouvelles colonies

A l’africaine…

Mitterrand était mon papa

J’pars en colo en Angola

Je connais tous les moniteurs

Richissimes archi-corrupteurs

Ya des armées désœuvrées qui

Méritent qu’on leur tienne compagnie

Nous on fait la guerre en musique

On fait chanter la République

France Afrique l’immaculée

Intérêts pétro-meurtriers

Pendant que l’Angola se viole

Nous on fait l’amour dans l’pétrole

Guinée Togo Bissau Biafra

On est mouillé jusqu’au Rwanda

On a dopé vos dictateurs

Vous voyez qu’la France a du coeur

J’ai toujours eu. . .

Si on écoulait not’vache folle

Sur le marché du Nigéria

A deux francs l’kilo c’est du bol

J ‘pourrais partir aux Bahamas

Mon banquier me trouve un peu pâle

Mon compte a besoin de soleil

Faut qu’j’trouve un paradis fiscal

Où m’détendre les orteils

Paradis refuge planétaire

Pour portefeuille de mercenaire

Pour autre pilleur de l’Afrique

Ou pour fumier démocratique

Elles ont belles gueules nos colonies

Bizarre, EIf s’est fait griller

Il faut balancer la poli

Tique africaine de l’Elysée

J’ai toujours eu…

La chanson critique tout particulièrement l’approche française qui a été qualifiée par plusieurs comme du néocolonialisme de par la présence constante des compagnies françaises en sol africain et de leur contrôle sur les ressources. On peut noter l’allusion à différentes compagnies telle que Bouygues et Vivendy, mais aussi plus particulièrement à l’affaire Elf qui a retenu l’attention médiatique au courant des années 90 en France. L’affaire Elf est comme plusieurs en lien avec différents détournements de fonds grâce à leur banque Fiba (French International Bank of Africa) qui était aussi en partie détenue par la Famille Bongo (de l’ancien président du Gabon, Omar Bongo) et par le gouvernement du Congo; on peut parler de près de 300 millions d’euros qui auront été détournés entre 1989 et 1993. Tryo utilise habilement la chanson comme un médium de dénonciation des pratiques douteuses que certaines compagnies françaises en Afrique.

Tryo fait plus qu’écrire des chansons, le groupe a aussi organisé différents évènements afin de sensibilités les Français à certaines causes qui les tiennent à cœurs. Tryo soutient tout particulièrement Greenpeace, ils ont aussi participé à plusieurs spectacles de soutien pour différentes causes tel que le spectacle du 10 octobre 2010 pour souligner la journée d’action mondiale pour le climat. Il faut aussi souligner leur participation au concert du 18 septembre 2010 pour soutenir les travailleurs sans papier de France qui a permis d’amasser 30 000 euros pour la cause.

Quels sont vos groupes favoris? Est-ce que l’implication sociale de ceux-ci est un critère pour vous? Est-ce que vous considérez que la musique est un bon média pour faire valoir des causes et pousser pour des changements politiques?

La politique du neuvième art

Il peut être facile d’oublier que la bande dessinée est un art à part entière, au même titre que le cinéma ou la peinture. Pourtant, son caractère universel, tant du point de vue géographique que générationnel, fait de la bande dessinée un véhicule de promotion idéal pour la pensée politique de son ou ses créateur(s). Tout est dans le message et dans l’auditoire qu’on cherche à rejoindre.

Pensons seulement à Mafalda, la petite fille d’Argentine qui, grâce à l’œil vif de son créateur, Quino, nous donne des leçons sur l’état du monde:

Des stéréotypes tenaces voudraient que la bande dessinée ne s’adresse qu’aux enfants et qu’elle ne puisse donc soutenir un véritable message politique. Lorsqu’on s’y attarde un peu, on réalise que ce n’est absolument pas le cas. Le neuvième art est varié et on peut y retrouver une myriade de messages, que ce soit par rapport à un sujet plus historique comme l’Holocauste, tel que rapporté dans Maus, de Art Spiegelman ou un sujet encore plus d’actualité comme la situation en Iran, comme nous le démontre Persépolis, de Marjane Satrapi. Mais que racontent ces histoires au juste?

Hitler tel que présenté dans Maus, de Art Spiegelman

MAUS – ART SPIEGELMAN

Publié entre 1972 et 1991, Maus (de l’allemand pour « souris ») est une biographie du père de l’auteur et de son expérience dans l’Allemagne Hitlérienne, où il a connu l’horreur des camps de concentration. Spiegelman s’est inspiré des témoignages qu’il a pu récolté pour ensuite l’exprimer sous forme de bande dessinée, en représentant les Juifs Allemands en souris et les autres Allemands en chats. Publié en deux volumes, Maus demeure encore la seule bande dessinée à avoir remporté le Prix Pullitzer, exploit réalisé en 1992 après la parution du dernier tome.

Dans son oeuvre, l’auteur touche à des sujets délicats, que ce soit l’expérience atroce que fut celle des camps, ou même encore les contradictions qu’expriment son père et qui peuvent confondre son fils, notamment en ce qui à trait à son opinion sur les homosexuels ou sur d’autres groupes marginalisés. En lisant Maus, on est parfois pris d’un énorme malaise face à l’attitude parfois discriminatoire d’un homme ayant autant souffert de celle des autres.

L’influence de Maus est indéniable: nombres d’articles académiques et de livres ont été écrits à son sujet et le nombre de témoignages de personnes ayant été touchées par cette vision très personnelle de la Shoah ne cessent d’augmenter. Cette année, plus de 20 ans après sa parution, Spiegelman publie MetaMaus, un ouvrage où l’auteur prend le temps de nous entraîner dans les coulisses de la création de son chef d’œuvre. [1]

Couverture de Persépolis, de Marjane Satrapi

PERSÉPOLIS – MARJANE SATRAPI

Persépolis est une autobiographie dessinée qui raconte la vie de l’auteur en Iran. L’histoire débute en 1979 et couvre la période de la révolution (1979-1980) ainsi que les années difficiles qui ont suivi jusqu’en 1994, au moment où l’auteure quitte son pays pour la France, où elle réside désormais.

On y suit donc la vie de Marjane et on y découvre comment les nombreux changements en Iran ont pu l’affecter, elle et sa famille. Tout comme Maus, Persépolis transforme des moments historiques majeurs, tels que la prie d’otages de l’ambassade américaine de 1979 où la guerre avec l’Irak entre 1980 et 1988, en une série d’événements personnels, qui permet au lecteur de véritablement comprendre le quotidien iranien et de se sentir concerné par le sort de ses habitants.

Persépolis fut un succès international, à un point tel que l’auteur et un collaborateur ont eu l’occasion de transposer cette bande dessinée en film d’animation. Ce film a remporté de nombreux prix, incluant le prix du jury du Festival de Cannes en 2007.

Les réactions aux quatre tomes de Persépolis ne fut pas que positive. Il semble que plusieurs Iraniens, qui se battent à tous les jours pour améliorer leur sort, n’ait pas apprécié les raccourcis de l’auteur pour traiter de certaines situations, ni sa critique des actions commises par le pouvoir. On lui reproche sa « mémoire sélective » ainsi que sa vision biaisée du régime du Shah. [2]

Le message politique contenu dans Persépolis reste toujours d’actualité. En 2009, à l’occasion des élections contestées en Iran, des nouveaux artistes ont adaptés les dessins de Satrapi avec un nouveau texte racontant la situation actuelle. Grâce au soutien de l’auteur, cette réappropriation de son œuvre a pu être diffusée sur Internet et ainsi permettre de passer un message politique important, dans un pays où la contestation peut être dangereuse. [3]

Page couverture de "Le président de vos rêves"

Page couverture du tome 1 de l'Affaire des affaires

Plus près de nous…

Encore aujourd’hui, la bande dessinée et ses dérivés, la caricature en tête, est un vecteur idéal pour des messages politiques, qu’ils soient directs ou indirects. En période d’élection, on voit apparaître de plus en plus de ces messages. En France, on peut notamment se procurer Sarkozy et les riches, La vie secrète de Marine Le Pen et même Le président de vos rêves de Jul, où le lecteur peut, comme le dit le titre, concevoir le chef d’état de ses rêves dans un album rappelant le livre pour enfants. [4]

La bande dessinée peut également servir de dénonciation comme le démontre L’affaire des affaires, un album de Denis Robert, Yan Lindingre et Laurent Astier qui raconte les événements de la fameuse Affaire Clearstream en France avec une précision journalistique rigoureuse. [5]

Même les plus grands classiques, comme Tintin, ont des messages politiques. Dans Le Lotus bleu, la critique de l’occupation occidentale et japonaise de la Chine est évidente, que ce soit au niveau des inscriptions en langue chinoise (rédigées par Tchang Tchong-Jen, qui deviendra son ami et sera immortalisé dans deux albums de la série) ou dans l’attitude parfois violente et cruelle des occupants. [6] Il ne faut pas évidemment oublier les messages parfois problématiques contenus dans cette série, notamment dans les premiers albums. Par exemple, ceux-ci reflètent des attitudes qui étaient malheureusement trop répandues au début du vingtième siècle par rapport au continent Africain. Pour plus d’informations sur la politique de Tintin et de son créateur, sujet qui pourrait alimenter de nombreux blogues, je vous recommande de visionner la conférence de Pierre Assouline, grand spécialiste de Tintin: La politique de Tintin (55 minutes, 2007).

Pour poursuivre la réflexion

Le neuvième art est donc un instrument particulièrement efficace de diffusion de messages politiques. J’aurais pu aborder de nombreux autres sujets, qu’ils soient historiques (pensons seulement à l’adaptation de Animal Farm de George Orwell), ou plus récents, qu’ils proviennent des États-Unis ou d’ailleurs dans le monde. Pensons également à la controverse des caricatures de Mahomet au Danemark en 2005 ou à l’incendie des bureaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo en France en Décembre 2011 en réaction encore une fois à des dessins de Mahomet; on comprend alors que les artistes n’hésitent pas à utiliser le médium pour exprimer des positions politiques ou sociales sérieuses.

Et vous, appréciez-vous la bande dessinée politique? Pensez-vous que ce médium puisse permettre de transmettre efficacement de tels messages?

Question pour les fans: est-ce que votre série préférée peut être qualifiée de « politique »? Si oui, quelles sont les idées centrales revendiquées par l’auteur?